Accueil Économie Etats-Unis : Tesla contraint de mettre à jour plus de 300.000 véhicules,...

Etats-Unis : Tesla contraint de mettre à jour plus de 300.000 véhicules, son assistant « autonome » jugé dangereux

Coup dur pour Tesla et pour ses clients. Le constructeur va devoir mettre à jour 362.758 voitures aux Etats-Unis, car l’Agence américaine de la sécurité routière (NHTSA) a conclu que la bêta de son « Full self-driving mode » (FSD, ou « capacité de conduite entièrement autonome » en France) pouvait amener le véhicule à agir de façon potentiellement dangereuse aux intersections, avec un risque d’accident.

Les investisseurs ont mal réagi à cet avis publié jeudi, et le titre du constructeur de véhicules électriques a cédé 5,69 % sur la séance. Le rappel porte sur tous les modèles de la gamme, S, X, Y et le modèle 3, équipés du logiciel FSD ou prévus pour le recevoir, que Tesla facture 15.000 dollars.

Le FSD, qui est en phase de test, est un logiciel dit de niveau 2, qui relève davantage de l’assistance à la conduite que de la conduite autonome malgré son nom. Il nécessite en effet que l’utilisateur garde ses mains sur le volant et se tienne prêt à intervenir.

Conduite dangereuse

Selon l’avis publié par la NHTSA, les défauts du logiciel, lorsqu’il est activé, peuvent amener le véhicule à continuer tout droit lorsqu’il s’est mis dans une voie de dégagement qui oblige théoriquement à tourner. Une voiture dont le logiciel FSD est enclenché peut aussi traverser une intersection dotée de panneaux « stop » sans observer un arrêt complet, ou passer un carrefour avec des feux orange fixes sans ralentir.

Selon l’Agence, les véhicules concernés peuvent également « ne pas réagir suffisamment à des changements signalés de limites de vitesse » ou ne pas intervenir lorsqu’un conducteur dépasse la vitesse maximum autorisée.

Pour remédier à ces défauts, signalés par la NHTSA, Tesla prévoit de procéder à une mise à jour du logiciel, à sa charge, est-il indiqué dans l’avis. A ce stade, on ne sait pas si Tesla sera en mesure de corriger les problèmes soulevés ou devra rétrograder le logiciel à une version moins complète et rembourser les utilisateurs.

Mise à jour logicielle

Ce rappel ne nécessite toutefois pas de ramener son véhicule à un point de contrôle Tesla. « Le terme  »rappel » pour qualifier une mise à jour du logiciel est anachronique et simplement erroné », a tweeté Elon Musk, en réaction à l’annonce.

En juin 2022, la NHTSA avait publié un rapport mentionnant que des Tesla équipées d’un logiciel d’assistance à la conduite, actif à un moment ou un autre durant les 30 secondes précédant l’incident, avaient été impliqués dans 273 accidents de la route aux Etats-Unis.

Le ministère américain de la Justice a ouvert une enquête sur les systèmes d’aide à la conduite de Tesla, selon un document publié, fin janvier, par le régulateur boursier, la SEC.

Dans le document, Tesla avait rappelé que le FSD et l’autre logiciel, dit « Autopilot », étaient « conçus pour être utilisés par un conducteur vigilant dont les mains sont sur le volant et qui est prêt à reprendre le contrôle à tout moment ».

Mais depuis plusieurs années, le patron du constructeur, Elon Musk, a régulièrement été beaucoup plus loin dans ses déclarations. Dès 2019, il promettait ainsi la mise en service, dans l’année, d’un véhicule capable d’assurer une conduite totalement autonome, sans aucune intervention d’un passager. Aucun véhicule de la gamme n’est, à ce jour, équipé d’un tel logiciel.

Dans un entretien à la chaîne CNBC, en octobre 2021, la patronne de l’Agence américaine chargée d’enquêter sur les accidents de transport (NTSB), Jennifer Homendy, avait qualifié de « trompeuse » l’utilisation du terme « conduite entièrement autonome ».

Laisser un commentaire

Please enter your comment!
Please enter your name here