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Inflation : Au salon « Choisir le service public », la difficile question des salaires

  • Ce jeudi se tenait le salon national « Choisir le service public » à Paris, une première depuis sept ans.
  • La fonction publique cherche à pourvoir quelque 58.000 postes, dans plus de 1.000 métiers différents, selon les chiffres du ministère.
  • Mais la question de la rémunération – en moyenne plus faible que dans le privé – reste un obstacle majeur pour le secteur.

Voilà sept ans qu’un salon national autour du service public n’avait pas été organisé. C’est long, sept ans. Suffisant pour convaincre le ministre en charge de la Fonction publique, Stanislas Guerini, de tout faire pour « moderniser » l’image de cette dernière, selon ses mots. Il suffit de voir l’endroit choisi à Paris pour ce rendez-vous : la Station F, un incubateur d’entreprises, de Frenchtech et de start-up. Et effectivement, dans ce cru 2023, on est bien plus proche des codes de la start-up que des clichés habituellement refilés aux fonctionnaires, façon sketch un peu ringard de Chevalier & Laspalès. Entre les baby-foots, les bornes d’arcades et les assiettes de bonbons à picorer sur les stands, on vous parle « d’opportunité de compétences » plutôt que de sécurité de l’emploi, de « faire bouger les lignes » et « d’évolution de carrière » plutôt que de travail à vie.

En sept ans, Emmanuel Macron a eu le temps de réaliser un quinquennat – où il annonçait vouloir supprimer 120.000 postes dans la fonction publique – et d’en démarrer un second.  Stanislas Guerini estime aujourd’hui à 58.000 le nombre de postes vacants dans le service public, qui connaît une crise de recrutement. C’est que sept ans, c’est long, on l’a dit, et entre-temps, une pandémie mondiale est venue bousculer les codes et les aspirations des travailleurs. A la Station F, les recruteurs en sont convaincus : « le sens » est ce qui va permettre de résorber cette crise : on l’évoque tant au stand de l’Education Nationale qu’à celui de l’hôpital de Strasbourg ou du ministère de la Transition Ecologique. Sauver la planète, les enfants ou les malades. La veille, lors d’un café avec la presse, le ministre confiait pourtant se méfier d’un mot un peu fourre-tout et qui ne réponds pas aux attentes concrètes des candidats.

Mais où sont passés les salaires ?

Car pour attirer, il faudra plus que des grands discours et des bonbons Haribo. C’est que sept ans, c’est long, et au coronavirus a succédé une nouvelle crise, cette fois économique, avec une inflation record en un demi-siècle. Et si les leçons du Covid-19 semblent avoir été assimilées à la Station F – outre « le sens » du métier, on insiste sur les conditions de travail ou la possibilité de mener une vie extérieure agréable –, la crise du pouvoir d’achat, elle, peine se faire entendre chez les recruteurs. O.K. pour dépoussiérer la fonction publique, mais la question du salaire est bien planquée sous le tapis.

Nicolas, recruteur de la fonction publique de la région Nord, l’avoue : « On évite de donner le salaire précis pour tel ou tel poste, on donne une fourchette. C’est sûr qu’il y a moins de marge que dans le privé. On conseille tout de même aux candidats de vite afficher leur prétention salariale. Cela évite d’arriver au 3e entretien et de se rendre compte à la fin du processus que ce métier ne correspond pas à ce que vous voulez obtenir. »

« Encore se sacrifier sans être payé en conséquence »

Un tabou ou presque qui irrite vite Mathilde, aide-soignante de 27 ans avec des cernes de 42, qui culmine à peine à 1.700 euros net après des années de travail. Elle chercherait bien à se reconvertir et est allée passer une tête fatiguée – et quelques CV – au salon, mais la déception est grande : « On nous parle d’être utile et de mettre ses compétences au profit de la société. Et dès qu’on évoque les salaires, ça bégaye. Encore se sacrifier sans être payé en conséquence… »

S’il croit fermement que « tous les problèmes de la fonction publique ne sont pas dus à la fiche de paie », Stanislas Guerini ne nie pas que la rémunération demeure une partie du problème dans cette crise de recrutement, notamment « la crainte d’une smicardisation ». Le salaire des enseignants, par exemple, est passé de 2,2 Smic dans les années 1980 à seulement 1,1.

Un écart de près de 6 % avec le privé

Nous voilà bientôt au milieu de l’année et les salaires des fonctionnaires n’ont pas bougé en 2023, excepté les plus bas pour se mettre au niveau du Smic – une obligation légale. Le ministre dit néanmoins attendre la reprise des discussions avec les syndicats – quelque peu contrariés par la réforme des retraites – pour faire bouger les lignes, particulièrement chez les plus précaires.

4.000 visiteurs se sont pressés au salon national
4.000 visiteurs se sont pressés au salon national – JLD

En 2022, le point d’indice augmentait de 3,5 %, moins que l’inflation de l’année en France (5,2 % en moyenne sur l’année), et moins que l’indice du salaire mensuel de base dans le privé (3,8 % sur un an, selon les données provisoires du ministère du Travail). Les derniers chiffres de la fonction publique nous viennent de l’Insee, en 2022, et portent sur l’année 2020. Comptez un salaire de 2.378 euros en moyenne dans le public, contre 2.518 dans le privé. Soit un écart près de 6 %.

« On veut de l’argent »

« Et dans le privé, on peut plus facilement négocier et faire valoir nos progressions », renchérit François, enseignant un peu désabusé par le système scolaire, une paie jugée trop faible et un sentiment d’abandon de son ministère. Il est venu ici à la recherche de meilleures conditions de travail – « pas difficile, franchement » – et d’un salaire plus à même d’affronter l’inflation. « Vous savez, la sécurité de l’emploi dans une France où le chômage est à seulement 7 % et où des milliers de postes sont non pourvus, ça ne fait plus vraiment rêver. Du travail, il y en aura. La fonction publique ne peut plus compter sur ça pour nous garder ou nous attirer. On veut de l’argent, des Ségurs de partout, un point d’indice corrélé à l’inflation au minimum. »

Les promesses d'autrefois de la fonction publique peuvent encore séduire
Les promesses d’autrefois de la fonction publique peuvent encore séduire – JLD

Reste que le salon attire. 4.000 visiteurs, selon les chiffres du ministère.  « J’ai été virée à la suite de la crise du Covid-19, confie Nathalie, qui travaillait dans l’hôtellerie, un secteur particulièrement ravagé au moment de la pandémie. Alors oui, la paie n’est pas folle, mais un emploi à vie, ça fait quand même bien plaisir. Moi je prends » C’est long sept ans. Mais les promesses d’autrefois peuvent aussi séduire à la Station F.

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