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La souffrance animale bientôt prise en compte dans le prix de la viande ?

PROPOSITION Le rapport de la Cour des comptes de l’Union européenne ne précise pas comment la souffrance animale pourrait être tarifée

La réglementation européenne en matière de bien-être animal va prochainement évoluer. À cette occasion, la Cour des comptes de l’Union européenne s’est penchée sur la question du niveau de bien-être animal pendant le transport, a relayé Le Figaro mardi. Dans un document d’analyse publié le lundi 17 mars dernier et portant sur le renforcement de l’encadrement de ces déplacements, elle a ainsi suggéré que le bien-être animal soit directement pris en compte dans le coût du transport et le prix de la viande.

La question du transport des animaux vivants est en effet une composante essentielle du marché européen, puisque de nombreux producteurs des États membres viennent « exploiter les différences de coûts entre les régions » pour maximiser la rentabilité et de réduction des dépenses, comme l’a mis en avant la Cour des comptes. Or, « transporter des animaux vivants sur de longues distances peut avoir des effets néfastes sur leur bien-être » a expliqué Eva Lindström, responsable du document. Entre faim, soif, anxiété et chaleur, près de 37 % des trajets durent ainsi plus de 8 heures, et 4 % plus d’une journée.

Introduire des systèmes d’incitation et de dissuasion

En conséquence, les législateurs souhaitent limiter le nombre et la durée des trajets, et améliorer les conditions de transport des bêtes. Et pour dissuader les producteurs le plus négligents, la Cour des comptes envisage d’introduire une variable économique afin d’« attribuer une valeur monétaire à la souffrance animale pendant le transport et l’intégrer dans le coût de celui-ci et le prix de la viande ». Une méthode de tarification de la souffrance animale reste toutefois à définir.

De façon plus globale, le rapport cherche à proposer des systèmes visant à « inciter les producteurs et les consommateurs à adopter un comportement durable ». Une manière d’améliorer la qualité des produits proposés tout en garantissant le bien-être animal et le respect de la législation pour le producteur. Une perspective intéressante selon la Cour, d’autant que les consommateurs ne seraient prêts à payer plus cher leur viande « que s’ils sont informés des bonnes conditions d’élevage ».

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