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Toulouse : Latécoère délocalise au Mexique et en Tchéquie, le gouvernement attend des explications

  • Latécoère a annoncé délocaliser les activités de son usine de Toulouse-Montredon, inaugurée en mai 2018, et qui emploie 109 salariés.
  • Les syndicats mais aussi les politiques sont montés au créneau, s’interrogeant sur la stratégie de l’équipementier aéronautique.

Elle était présentée comme l’usine du futur 4.0, « un projet ancré à Toulouse » assurait en mai 2018, lors de son inauguration, le groupe Latécoère. L’ancrage aura duré cinq ans. Le sous-traitant aéronautique vient en effet d’annoncer qu’il prévoyait de délocaliser en Tchéquie et au Mexique, vers des sites à bas coût, les activités de son usine de Toulouse-Montredon, qui fabrique des pièces servant à l’assemblage des portes du Boeing 787. Selon l’équipementier, c’est la baisse de la production du long courrier de l’avionneur américain qui serait à l’origine de cette décision, ainsi que la crise sanitaire.

Une annonce qui a mis le feu aux poudres. En premier lui chez les syndicats qui ont dénoncé une « délocalisation qui va impacter 100 % de l’effectif, sauf le directeur, soit 109 personnes », indique la CGT. Et comme un jeu de chaises musicales, certaines activités de Latécoère présentes à Colomiers et Labège, dans l’agglomération toulousaine, seront rapatriées sur l’usine de Montredon.

Une mise en œuvre de ce plan qui devrait se faire d’ici à la fin de l’année 2024. Selon la direction de l’entreprise, les 109 salariés concernés se verront proposer un reclassement leur permettant de rester dans l’entreprise.

Aides de l’Europe et de l’Etat

Mais cette annonce est loin d’être restée sans réponse de la part des responsables politiques. « J’ai besoin qu’on m’explique exactement ce qui est en train de se passer parce que, à ce stade, je suis un peu surpris. J’entends qu’il y a des plans (de délocalisation), j’aimerais qu’on m’explique. On peut, peut-être, trouver d’autres plans », a réagi le ministre de l’Industrie, Roland Lescure, au micro de Sud Radio, précisant qu’il n’avait « pas été prévenu avant ».

Et il n’est pas le seul à avoir critiqué la méthode. « Je suis en total désaccord avec la stratégie industrielle du groupe. L’entreprise fondée par Pierre-Georges Latécoère est un symbole de l’aéronautique toulousaine et un fleuron de l’industrie française. Or, depuis l’arrivée de nouveaux actionnaires en 2019, aucune perspective de développement offensif des sites en Occitanie n’est donnée, en dépit des aides publiques importantes qui ont été attribuées par l’Etat et l’Union européenne. Cela va à l’encontre de la politique de souveraineté industrielle que doit bâtir notre pays et que je défends à la tête de la Région Occitanie et de Régions de France », a critiqué la présidente de la région Occitanie, Carole Delga.

L’équipementier a été racheté en 2019 par le fonds américain Searlight Capital Partners et a vu son activité fondre de près de moitié pendant la crise sanitaire. Son chiffre d’affaires s’établissait à 376 millions d’euros en 2021 et le groupe cherche depuis à atteindre « une taille critique » et dépasser les 800 millions d’euros de chiffre d’affaires d’ici 2027. Dans le monde, il employait à la fin 2021, plus de 4.760 personnes dont 1.385 en France.

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